Dans ces moments de désespoir, je…

J’ai une frustration qui me démange,
C’est celle de ne pas pouvoir libérer
Toute cette vague d’émotions que je ressens,
Au quotidien.

J’explore les différents types d’art
Et de forme d’expression,
Mais chacune à ses limites,
à mon sens.

Certes, chaque forme d’expression
M’aide à me comprendre davantage,
M’aide à vivre dans le moment présent,
M’aide à libérer certaines tensions,
Mais ce qui est à l’intérieur de moi
A besoin d’un espace plus grand.

Je me sens à l’étroit,
Et ce corps qui me fait mal
Depuis quelques mois,
Ne m’autorise pas à bouger comme
Je le souhaiterai.

J’aimerai danser comme ces
Danseurs africains qui se connectent
À la terre et dansent à son honneur
Pour libérer toutes ces tensions
Que l’humanité a créées depuis
Des siècles.

J’aimerai danser
Et bouger comme une folle
Car c’est comme ça
Que je me vois en ce moment.
La douleur est tellement intense
Et m’empêche de jouir de mon corps
Que j’ai peur de créer encore plus de
Dégâts.

J’aimerai danser autour du feu
Toute la nuit,
Danser jusqu’au lever du jour,
Danser pour libérer toutes ces
Tensions qui m’épuisent,
Danser pour oublier le temps,
Danser pour oublier qui je suis,
Danser pour oublier l’histoire que je me raconte,
Danser pour oublier d’ou je viens,
Danser pour oublier la souffrance du quotidien.

J’aimerai pleurer
Car je souffre de ce temps qui avance trop lentement,
J’aimerai pleurer
Car je souffre de ma solitude et de mon égarement.
J’aimerai pleurer
Car je souffre beaucoup
Et je n’arrive pas à me libérer de cette souffrance.

Je me sens seule,
Même si je sais que je ne le suis pas.
Je me sens seule
Car cette douleur me laisse vulnérable
Et j’ai beau cherché cette force en moi,
Elle ne dure pas suffisamment
Pour que j’avance en paix.

J’aimerai qu’on me tienne la main
Et qu’on me dise ce que je fais de bien ou de mal
Et m’apprendre à changer mon attitude vis-à-vis de la vie
Et vis-à-vis de moi-même.

J’aimerai qu’on me tienne la main
Avec beaucoup de tendresse et de compassion
Pour que je puisse me rétablir et avancer dans la foi.

Je sais que je ne suis pas victime
Mais je reste mon propre bourreau.
Il est dur de se l’admettre,
Surtout que  je me sens impuissante face
À ce bourreau qui est en moi.

Il me rappelle que quoique je fasse,
Je suis condamnée à l’échec.

Il me rappelle que quoique je fasse,
Je suis incapable de me libérer de lui.

Ça fait monter ma colère,
Ça me met en rage,
Ça m’épuise,
Et je ne trouve pas cela juste
De vivre ainsi!

Je retombe dans ce cercle destructeur,
Où je me vois impuissante
Et à la merci de ce bourreau qui est en moi.
Je me sens seule face à lui,
Et j’ai peur qu’il me détruise.

On me dit que je suis libre,
Mais je n’arrive pas à trouver la porte de sortie.

Sa présence m’empêche de la voir,
Sa présence m’empêche de croire que j’en suis capable.

Que faire?

C’est une partie de moi que j’ai renié,
J’ai vécu avec ce bourreau toute ma vie (ou presque)
Sans le savoir.
Je l’ai vu se manifester devant mes yeux
À travers différentes personnes qui ont traversé ma vie,
Sans admettre que je l’incarnais aussi.
Quand j’ai compris son existence, j’ai sous-estimé sa puissance.

On me dit que l’amour est la seule force qui existe vraiment,
On me dit que c’est la seule qui guérit et rétablie l’ordre divin.

On me demande de m’allier à une force plus grande que moi
Et qui veut mon bien de manière inconditionnelle.

Mais ce bourreau revient et se prend pour le maître
Et m’empêche de reconnaître qui je suis vraiment.

Comment sortir de l’illusion?
Comment rétablir la foi?
Comment restaurer ma connexion avec le Grand Esprit, avec le sage, avec l’amour
Quand ce bourreau se croit tout puissant?

Que faire?

Sortir de l’ombre,
M’allier à d’autres forces,
Puiser de mes ressources créatives,
Quelques petits actes d’amour et de compassion
Pourraient avoir un impact plus grand,
Me pardonner d’avoir contracté ce mariage intérieur
Qui ne voulait pas mon bien,
Me rallier à la force du créateur et lui donner enfin raison.

Ce faux maître n’a plus rien à m’apprendre,
Alors pourquoi je continue de l’écouter?
Ce faux maître limite mon pouvoir et ma puissance,
Alors pourquoi je continue de croire en ses paroles?

J’ai une vision que je porte,
Alors pourquoi aujourd’hui
Quand je sais ce que je veux,
Quand je sais la direction que je dois prendre,
Quand je reconnais en partie du moins ce que j’ai en moi,
Ce bourreau s’acharne sur mon sort
Et m’empêche d’avancer et
Me punit de rester sur place.

Ma colère reprend encore une fois
Et j’ai envie de crier: “Ce n’est pas juste!”

Ce n’est pas juste car ce chemin
M’isole beaucoup,
Me rend dépressive,
Me rend hystérique,
Me rend désemparée,
Me rend incomprise.

Ce n’est pas juste car
Je sais que je fais ce travail intérieur
Que le monde autour de moi
Ne fait pas et ne saisit pas.

Ce n’est pas juste car
Je cherche l’amour, la vérité
Et la paix en moi et pour le monde.

Ce n’est pas juste car
Je suis très impliquée
Au quotidien
Dans le changement.

Ce n’est pas juste car
Malgré toutes mes tentatives
De me libérer
Je me retrouve dans la même
Prison encore plus affaiblie
Qu’auparavant.

Ce n’est pas juste car
Je vois le monde que je côtoie
Qui prétend aller bien
Alors que je sais que tout va mal.

Ce n’est pas juste car
Moi je veux parler de choses
Vraies, on veut continuer
De vivre dans la superficie
Et dans la fausseté.

Ce n’est pas juste car
On ne donne plus
Aucune valeur à la vérité,
À la sincérité,
à l’amour et à la paix.

Ce n’est pas juste car
On ne donne aucune
Valeur aux gens qui cherchent
À faire du bien
Et on préfère se nourrir
De choses qui noircissent l’âme.

Ce n’est pas juste
Qu’on préfère les filles qui se maquillent
Pour cacher qu’elles ne s’assument pas
à celles qui disent qu’elles ne s’assument pas,
Et qui n’ont plus aucune raison de se maquiller.

Ce n’est pas juste
Que je galère au quotidien
Alors que je passe mon temps
Entre méditation, respiration,
Prière
Et expression de mon être.

Ce n’est pas juste
Et ça me met en rage
D’avoir ce sentiment d’injustice,
Ce sentiment que quoi je fasse
Je suis condamnée à vivre
Ainsi.

C’est encore moins juste,
Car je sais que je suis la seule
À me mettre dans cet état-là.
On ne m’a rien demandé.

Je puise ma force dans ma douleur,
Mais je n’ai pas envie de croire
Que je n’existe pas sans la douleur.

La douleur est là,
Mais est ce que je peux
Vivre heureuse?

La douleur, je l’accepte,
Est ce que je peux
Vivre enfin?

J’ai compris,
Qu’en l’ignorant
Je me punie.

Qu’en l’ignorant
Je me déconnecte
D’une partie de moi-même.

La souffrance fait partie de chacun,
La souffrance fait partie du monde actuel
Mais la renier comme je l’ai fait,
M’empêche de la transformer.

Je ne sais pas si je retrouverai un jour la paix,
Je me suis fait beaucoup de mal toutes
Ces dernières années en faisant des choix
Qui allaient à l’encontre de ma vraie nature
Tout étant dans cette quête de vérité.

Toute la contradiction de mon être
Se joue dans ce déchirement
Entre chercher la vérité et
Ne pas l’affronter.

Je suis déchirée,
Car j’aime et je ne veux pas blesser,
Car j’aime mais je reste lésée.

J’ai envie de crier: “Sauvez-moi!
Sortez- moi de ce trou noir.”

Je regrette parfois d’y avoir m’y les pieds
Mais je sais aussi
Que c’est le seul chemin
Qui me mènera
Vers qui je suis.

La voie de l’ombre
Est douloureuse,
Pénible,
C’est une traversée!

Elle nous dépouille de
Tout, même de notre force
Pour aller au cœur même
De qui on est.

Il y a des jours où
J’ai envie de tout abandonner.
Il y a des jours où
Je perds espoir
Et je me laisse emporter
Par la désillusion.

C’est un vrai cauchemar
Surtout quand parfois
On se dit ce chapitre est enfin clos
Et que la lumière est enfin là.
On se rend compte juste après que c’était
Juste une pause
Avant d’aller vers d’autres profondeurs.

Ce chemin est épuisant
Et je comprends pourquoi
Tant de personnes refusent de le prendre.

Ce chemin peut paraître très long,
Surtout quand on n’a du mal à
Vivre dans l’instant présent.

Ce qui m’aide au quotidien
À y croire, c’est ma vision.
Ce qui m’aide au quotidien
À tenir bon, ce sont mes moments d’expression et de création.

En créant, je nourris la vie
Cellule par cellule.
Mais il en faut du temps.

En écrivant ce texte,
Je déballe la difficulté de ce chemin,
Mais j’encourage chacun
De le prendre
Malgré tout
Ce que je raconte et
Que je traverse.

Car la vérité,
Au fond de moi,
Je n’ai jamais été
Aussi sûre de moi,
De mon destin,
De ma force,
De ma grandeur,
De ma sagesse….
Car c’est le chemin qui me l’enseigne jour après jour.

J’ai aussi connu
Des moments de joie,
D’extase, de béatitude,
De paix, de reconnaissance,
Mais le chemin me rappelle dans ces moments là
D’être présente et de ne m’attacher à rien,
Car chaque expérience est unique
Et mon devoir est de rester centrée pour mon évolution.

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Light in the dark tunnel – by Sanaa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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